L’ouverture prochaine du Musée du Quai Branly me semble l’occasion de revoir de manière fragmentaire l’histoire du regard que nous portons sur les «Arts lointains».
Ne serait-ce que sur cette dénomination; on pourrait écrire des centaines de lignes : «Arts magiques» comme l’avait inventé André Breton, «Art nègre» que la connotation raciste, à nos yeux occidentaux, rend impropre, «Arts des sociétés sans écriture» (un peu faux pour l’Afrique (Les Bamoun) et totalement faux en ce qui concerne l’art des Maya!)…ou à la manière des anglo-saxons, distinction entres «Art tribal»(pour l’Art Africain) et «Art Précolombien»…
Quant à l’appellation «Arts premiers», elle semble définitivement enterrée pour un art qui ne l’est ni chronologiquement, ni vis-à-vis d’un quelconque jugement de valeurs.
Aujourd’hui, arrêtons-nous simplement quelques instants au milieu du XV° siècle.
Les Portugais débarquent sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest.
En 1498, avec des intruments de navigation de plus en plus sophistiqués, les caravelles doubleront le Cap de Bonne Espérance, ouvrant la route de l’Océan Indien.
Pour l’heure, sur les côtes de Sierra Leone, le travail très raffiné des sculptures en ivoire retient l’attention des Portugais.
La valeur de la matière et l’impossibilité de la réutiliser une fois sculptée explique le nombre important de ces témoignages dans les collections Européennes contrairement à ce qui s’est passé avec l’or (notamment pour l’Amérique où les oeuvres ont été fondues).
Ces premiers navigateurs découvrent des olifants, des cors, des trompes…
Tous ces objets produits par des ivoiriers Sapi.
Les cours d’Europe, séduites par ce travail, commandèrent dès le début du XVIème siècle des objets de cette facture essentiellement destinés à orner les tables des princes et des rois (salières, cuillers…).
La Sierra Leone mais aussi l’ancien royaume du Bénin se mirent à fabriquer maints objets destinés à l’exportation (Des ivoires Sapi-Portugais pour les premiers et des ivoires Bini-Portugais dont la salière ci-dessous constitue une magnifique illustration).
On est encore loin de la problématique soulevée.
Sur l’évolution de notre regard,
sur l’opposition?
la cohabitation?
entre le regard ethnographique et le regard esthétique posé sur les objets africains ou précolombiens…
À l’aube de la Renaissance, l’homme cultivé commence à s’intéresser au monde et il nous faudra attendre le siècle suivant pour suivre le développement et le succès des cabinets de curiosités.
Photo 1 © vente Sotheby’s
Photo 2 : © Musée du Quai Branly.
Photos 3 et 4 : © Metropolitan Museum
Voilà j’ai tout lu et comme d’habitude je repars avec plein d’images, d’interprétations, d’interrogations sur ces civilisations que
j’approfondis grâce à toi…
bonne journée Lylian
Tendresses
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Toujours aussi pertinente ton approche de l’art que l’on peut qualifier d’art lointain dans le temps comme dans l’espace…pas facile aujourd’hui d’en parler de peur de choquer……
Je suis impatiente de voir cette expo
On risque d’y marcher sur des œufs..
Je t’embrasse Claude
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