Ne dit-on pas que la beauté se niche souvent là où on ne l’attend pas ! Pour être honnête, je pouvais l’anticiper car cela faisait des années que je souhaitais venir à Issoudun sans en trouver l’occasion.
Le manque est réparé par la visite de cet incroyable musée que constitue celui de l’Hospice Saint-Roch, recelant des collections extra-européennes tout en faisant montre de choix judicieux dans les expositions d’art moderne qui sont actuellement proposées.

Le fonds des collections océaniennes provient du don en 2000 de la Congrégation des missionnaires du Sacré-Coeur. Il s’agit d’un millier d’objets collectés pendant ses missions en Papouasie-Nouvelle-Guinée. La congrégation fondée à Issoudun en 1854 par le Père Jules Chevalier a envoyé des missionnaires pour la première fois en 1882 à Matupi, une île au nord de la Nouvelle- Bretagne. En 1884, c’est un second groupe venu d’Issoudun qui s’installa dans l’île de Thursday dans le Détroit de Torrès, puis un troisième en 1885 dans le Golfe de Papouasie en territoire Elema. En 1888, certains s’installèrent dans l’archipel des Kiribati, puis en 1922 sur l’île de Samarai en région Massim.

Issoudun c’est aussi une importante salle permanente dédiée à la collection de Cécile Reims et Fred Deux. À l’occasion du centenaire de la naissance de Fred Deux, un ensemble choisi d’œuvres de 1948 à 2011 sont exposés.
C’est un univers de formes où l’humain, l’animal, le végétal se confondent. Il se déploie au milieu des oeuvres venues d’Afrique et d’Océanie, et de ses propres sculptures.
C’est de l’oeuvre graphique dont je parle, celle qui submerge, qui trouble, émeut par ses formes qui touchent au plus intime de notre être.
C’est de l’organique à l’état pur sorti de quelque alien tapi au fond de nous et que nous voulons ignorer parce qu’il bouscule notre raison. Le discours de Fred Deux est celui de l’enfoncement, d’une marche en tâtonnant, de la recherche d’un passage. Mais il n’y a pas d’issue. Seul un gouffre se dessine laissant surgir de la peau du papier des entrailles si familières.

Le musée détient aussi un important fonds d’œuvres d’Henri Michaux. Une exposition temporaire Ecritures est actuellement présentée en résonance avec l’exposition Autour du surréalisme. Les Chants de Maldoror et autres visions montée pour les cent ans de la parution du premier manifeste du surréalisme. Il est inutile de préciser combien ces trois expositions se répondent.
Photos de l’autrice, musée de l’Hospice Saint-Roch, octobre 2024
Photo 1 : Détail d’une rhombe Elema
Photo 2 : Sans titre 1962, © Fred Deux.
Photo 3 : Vitrines
Photo 4 : Détail de L’orgueil légitime © Fred Deux 2000 et 2006.
Photo 5 : Détail de L’engluée © Fred Deux 1970
Photo 6 : © Henri Michaux
Photo 7 : Illustration pour Bacanal de Luis Bunuel et Jose Hernandez.© Jose Hernandez
Photo 8 : Illustration pour Les chants de Maldoror © Hans Bellmer 1971.




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