Sonnet

« Appelle-moi à celle de tes heures,
qui ne cesse de te résister :
implorante et proche comme un visage de chien,
mais toujours à nouveau détournée de to
i,

quand tu crois la saisir enfin.
Ce qui ainsi t’a échappé est ce que tu possèdes le mieux.
Nous sommes libres. Nous fûmes congédiés là
où nous pensions être d’abord salués.

Avec angoisse nous demandons un point d’appui,
nous qui sommes parfois trop jeunes pour ce qui est vieux
et trop vieux pour ce qui ne fut jamais.

Nous, qui ne restons justes que lorsque, malgré tout, nous louons,
parce que, hélas ! nous sommes la branche et le fer
et la douceur du danger mûrissant ».

Rainer Maria Rilke
in Les sonnets à Orphée (23ème, partie 2).

Photo de l’auteure – Sud Bolivie, 2004.

4 commentaires sur “Sonnet

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  1. un poeme appelle un poeme: celui ci « danse  » l’Afrique que nous aimons tous les deux et que tu présentes si bien:
    Auteur : Cheikh Tidiane Dramé
    Je suis le nerf rythmique de la fécondité
    Je déchirerai les nues avec mon rythme
    Rythme figé de la statuette d’Ife
    Rythme ondulant du Cobra sacré
    Rythme saccadé du sorcier en transe
    Je suis l’amant du sol
    Aux passions de rythme
    Aux étreintes de danses vertigineuses
    Je sens le souffle de l’ancêtre entre mes jambes
    Et la terre se pâme aux baisers de mes talons de granit
    couleur de gouffre
    Mes jambes pétrissent le sol
    Mes doigts de liane brassent l’espace
    Chaque fibre de mon corps est rythme
    Rythme est le temps
    Rythme est l’espace
    Je danse et la matière éclate
    Je danse et pleurent les nues
    Danseur noir, danseur de la fécondité,
    Danseur des doigts tièdes de l’alizé
    Danseur de la clarté des étoiles
    Danseur du saut de l’antilope
    Le soleil a disparu dans le ciel
    La lune s’est dissoute dans mon ébène
    Je danse
    Si je cesse de danser, le vent cessera de souffler
    Si je cesse de danser, le monde cessera d’être
    Les témoins aux regards morts
    Tendent leurs bras jusqu’à l’infini de mon oeil
    Rendant audible la musique de ma danse
    Je suis l’amant aux passions de rythme
    Pour être fort comme la liane
    Pour être fort comme l’ancêtre.

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