Mégalithisme à Nias : Les Osa-Osa

Le centre de l’île de Nias est la région qui propose une riche diversité de pierres taillées et sculptées.
Ainsi trouve-t-on des sièges (osa osa) souvent ornés d’une ou plusieurs têtes animales (Lasara, calao) et d’une queue ressemblant à celle d’un oiseau, de grandes tables circulaires (ni’ogazi) des piliers (behu) comportant parfois des marches sur les côtés et surmontés d’un animal ou d’un siège, lui aussi en pierre. C’est dans la région plus au nord que nous trouvons les statues anthropomorphes d’ancêtres (gowe ni’oniha) dont nous parlerons prochainement et plus au Sud, les grandes pierres plates que sont les daro-daro.

Site à Tetegewo, 1972 © Morley

Les sièges de pierre, osa osa, étaient réalisés en commémoration de fêtes organisées par les hommes qui souhaitaient conquérir de la considération, du prestige, un rang, des titres. À cette occasion, l’organisateur de cette fête et son épouse étaient portés sur de tels sièges en bois voire des palanquins.

© Tropen museum, date ?

Ces fêtes constituaient des occasions de tuer des porcs, de fabriquer des ornements d’or et, pour les grades supérieurs, d’ériger des monuments de pierre. Elles sont nommées « fêtes de mérite » (Owasa), « fêtes d’honneur » ou encore « fêtes de rang » et correspondent à des rites festifs qu’on trouve aussi dans le Pacifique et qui entrent dans une logique de don et contre-don. Le prestige d’un homme ne se compte pas en accumulation de richesses mais en la capacité qu’il a d’en produire et de les redistribuer.

Ensemble d’osa osa à Orahili Gomo Pl. 31 in Forgotten Kingdoms in Sumatra © Schnitger

Il est aussi surprenant de retrouver parfois de telles sculptures érigés en haut de piliers.
On peut voir quelques exemplaires de ces sièges de pierre dans des musées.
Omniprésent dans l’iconographie de Nias, la figure du lasara, cet animal chimérique portant les ramures d’un jeune cerf, des dents de tigre et un double bec rappellant le calao, accompagne ces sièges puisqu’on lui prête des vertus protectrices puissantes mais aussi parce qu’il est terriblement redouté. La multiplication des têtes est fréquente et on remarquera qu’elles portent toutes le fameux collier kalabubu.

 Osa osa © MQB 70.2001.27.532

Photo 1 : Site à Orahili (Gomo) PL. 104 in Nias. Ethnographische, geographische en historische aanteekeningen en studien © Schröder

Laisser un commentaire

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑