Du 3 avril 2026 au 7 février 2027, le musée des Confluences consacre une vaste exposition dédiée à l’un des grands théâtres rituels d’Afrique de l’Ouest.
Sur les rives du Niger, au Mali, se déploient depuis des générations les fêtes sogow bò — « quand les animaux sortent ». À l’échelle du village, sur une place battue par le soleil ou directement sur le fleuve, la communauté entière se rassemble pour assister à ces représentations qui peuvent durer jusqu’au cœur de la nuit. Théâtre, danse, musique et chant s’y entremêlent : les masques animaliers surgissent, les marionnettes prennent vie, les tambours imposent leur cadence, et les récits fondateurs — mythes, légendes, épisodes de la vie quotidienne — se rejouent dans une atmosphère à la fois joyeuse, solennelle et profondément participative.

L’exposition réunit plus d’une centaine d’objets, accompagnés de nombreux films et enregistrements, afin de restituer la densité de cet art total où chacun, des anciens aux plus jeunes enfants, occupe un rôle. Elle invite à comprendre non seulement la beauté formelle des masques, mais aussi la manière dont ce théâtre collectif façonne les liens sociaux et transmet une mémoire vivante.
Aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, le sogo bò demeure un héritage vibrant, mais fragilisé par les tensions qui traversent le Mali.
Les masques animaux et les jirimaaninw « petites personnes en bois » présentés dans l’exposition proviennent de la collection réunie par Sonia et Albert Loeb au début des années 2000, dont une centaine de pièces ont été données au musée des Confluences en 2024.
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Photo 1 : Sur le fleuve à Diakoro, le 8 mai 2003 – Photographie Albert Loeb © Albert Loeb