C’est grâce à une exposition, que j’ai découvert la Maison Gacha, nichée dans le 17e arrondissement de Paris. Un lieu discret et singulier, dont je ne soupçonnais pas l’existence, et qui mérite qu’on s’y attarde.
La Maison Gacha est le prolongement parisien de la Fondation Jean-Félicien Gacha, dont le siège se trouve à Bangoulap, au Cameroun. Cette fondation est engagée sur cinq fronts — l’instruction et la formation, la culture et l’artisanat, la santé et l’action sociale, l’environnement et l’agriculture, le tourisme solidaire.


La Maison parisienne en est comme l’ambassade culturelle : elle conserve une collection d’art africain d’une belle tenue, et invite régulièrement des artistes contemporains à entrer en conversation avec ces œuvres traditionnelles.
C’est précisément ce que fait Gonçalo Ivo, artiste brésilien dont l’exposition est visible jusqu’au 9 juillet prochain. On devine dans sa peinture une familiarité profonde avec les logiques formelles de l’art africain car les correspondances qu’il tisse sont multiples et subtiles. Les perles de verre, leurs couleurs franches et leurs géométries répétées, dialoguent avec les rythmes de sa palette


Ses floraisons nocturnes entrent en résonance avec les pagnes baoulé, ses façades peintes font écho aux velours du Kasaï — ces étoffes de raphia aux dessins abstraits qui figurent parmi les productions textiles sophisitiquées des Kuba. Et ses fenêtres, ses découpages, trouvent leur pendant dans les tabliers ndébélé.


Un lieu à découvrir, une exposition à ne pas manquer.

