Parcours des Mondes 2026

Le Parcours des Mondes fête cette année ses vingt-cinq ans. Du 8 au 13 septembre, Saint-Germain-des-Prés redevient, le temps d’une semaine, un carrefour où se répondent les arts d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et des Amériques — une cinquantaine de galeries venues du monde entier, sous la présidence d’honneur de Marc Ladreit de Lacharrière.

Un quart de siècle, cela invite moins à l’inventaire qu’à regarder ce que ce rendez-vous fait, année après année, à notre façon de voir ces objets. Je regrette au passage le temps où le Parcours s’accompagnait d’expositions de qualité à la Monnaie de Paris, et des conférences qui venaient étayer l’événement d’une réflexion plus large — une dimension qui, aujourd’hui, s’est faite très rare.

Quelques pistes retiennent malgré tout l’attention pour cette édition.

Il y a la question de la mémoire du « pedigree » des objets — d’où ils viennent, entre quelles mains ils sont passés avant de nous parvenir. Patrik Fröhlich explore, avec Afrique / Océanie – Le Leti d’André Breton, ce que les trajectoires de collectionneurs et de marchands ont fait à la reconnaissance de ces sculptures comme art. Bernard Dulon revient sur la collection Itzikovitz et l’art ancien de Côte d’Ivoire ; Marguerite de Sabran ouvre celle du sculpteur-collectionneur Jan Calmeyn.

Tête en ivoire, Zimba, République démocratique du Congo, —ivoire photo © Hugues Dubois © Marguerite de Sabran

Il y a les figures qui se répondent. À la Galerie Monbrison, les photographies d’Olympia de Maismont prises chez les Yoruba mettent en regard deux jumeaux vivants et la dualité sculptée des Ibeji — deux êtres qui se répondent et s’accordent sans se confondre. Philippe Ratton de son côté, présente une collection de ces figures jumelles.

Et puis il y a le dialogue de l’ancien avec un regard contemporain sans que l’un écrase l’autre : Bernard de Grunne à la Galerie Gradiva met en tension les sculptures africaines anciennes en référence à la célèbre exposition passée « Mains de Maître » avec les Éclipses lumineuses de l’artiste belge Barbara De Pauw.

Dans un autre registre, Charles-Wesley Hourdé consacre une exposition à l’École de Dakar, ce moment fondateur de l’art moderne sénégalais né dans le sillage de l’indépendance — utile rappel que la modernité africaine ne s’est pas seulement pensée depuis l’Europe.

Le couple, Tamsir Gueye, Sénégal, 1977, Encre sur papier © Charles-Wesley Hourdé

Pour l’Océanie, on suivra en particulier la Galerie Voyageurs et Curieux qui fête son 25ème anniversaire et qui présente notamment un ensemble de masques mélanésiens ; et Arte y Ritual avec des masques de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

On notera encore bien d’autres expositions : Entre autres, Géométrie à la Galerie Afrique , Il était une fois dans l’Ouest à la Galerie Gregory Chesne , White Cube chez Dierking, L’art des ancêtres chez Olivier Larroque, Fo(ê)ver et sa collection d’appuis-nuque à la Galerie Lucas Ratton (avec une conférence le 8 septembre à 19h), Ivory Coast – Masks and Figures chez Adrian Schlag , Les Secrets du Sable chez David Serra , età la galerie Vallois Les Gardiens du Monde de Dominique Zinkpè aux côtés d’une exposition de masques Gélédé de la collection Jean-Yves Augel.

À la Galerie Meyer, à ne pas manquer une exposition intitulée Les belles choses et deux présentations-signatures de livres:

INUA – L’imaginaire arctique de Jean Malaurie le mercredi 9 septembre de 17h30 à 20h et Les Carnets de Jean Roudillon – souvenirs d’un expert – La Grande Aventure de « l’Art Nègre » le vendredi 11 septembre de 17h à 20h.

Pour en savoir plus : le site du Parcours des Mondes.

Photo 1 : Sculpture d’oiseau, Malangan, Province de Nouvelle-Irlande, Papouasie Nouvelle-Guinée, Fin du XIXe siècle, Bois, H. 56 cm © Michael Hamson

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