Le Parcours des Mondes fête cette année ses vingt-cinq ans. Du 8 au 13 septembre, Saint-Germain-des-Prés redevient, le temps d’une semaine, un carrefour où se répondent les arts d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et des Amériques — une cinquantaine de galeries venues du monde entier, sous la présidence d’honneur de Marc Ladreit de Lacharrière.
Un quart de siècle, cela invite moins à l’inventaire qu’à regarder ce que ce rendez-vous fait, année après année, à notre façon de voir ces objets. Je regrette au passage le temps où le Parcours s’accompagnait d’expositions de qualité à la Monnaie de Paris, et des conférences qui venaient étayer l’événement d’une réflexion plus large — une dimension qui, aujourd’hui, s’est faite très rare.
Quelques pistes retiennent malgré tout l’attention pour cette édition.


Il y a la question de la mémoire du « pedigree » des objets — d’où ils viennent, entre quelles mains ils sont passés avant de nous parvenir. Patrik Fröhlich explore, avec Afrique / Océanie – Le Leti d’André Breton, ce que les trajectoires de collectionneurs et de marchands ont fait à la reconnaissance de ces sculptures comme art. Bernard Dulon revient sur la collection Itzikovitz et l’art ancien de Côte d’Ivoire ; Marguerite de Sabran ouvre celle du sculpteur-collectionneur Jan Calmeyn.

Il y a les figures qui se répondent. À la Galerie Monbrison, les photographies d’Olympia de Maismont prises chez les Yoruba mettent en regard deux jumeaux vivants et la dualité sculptée des Ibeji — deux êtres qui se répondent et s’accordent sans se confondre. Philippe Ratton de son côté, présente une collection de ces figures jumelles.


Et puis il y a le dialogue de l’ancien avec un regard contemporain sans que l’un écrase l’autre : Bernard de Grunne à la Galerie Gradiva met en tension les sculptures africaines anciennes en référence à la célèbre exposition passée « Mains de Maître » avec les Éclipses lumineuses de l’artiste belge Barbara De Pauw.


Dans un autre registre, Charles-Wesley Hourdé consacre une exposition à l’École de Dakar, ce moment fondateur de l’art moderne sénégalais né dans le sillage de l’indépendance — utile rappel que la modernité africaine ne s’est pas seulement pensée depuis l’Europe.

Pour l’Océanie, on suivra en particulier la Galerie Voyageurs et Curieux qui fête son 25ème anniversaire et qui présente notamment un ensemble de masques mélanésiens ; et Arte y Ritual avec des masques de Papouasie-Nouvelle-Guinée.


On notera encore bien d’autres expositions : Entre autres, Géométrie à la Galerie Afrique , Il était une fois dans l’Ouest à la Galerie Gregory Chesne , White Cube chez Dierking, L’art des ancêtres chez Olivier Larroque, Fo(ê)ver et sa collection d’appuis-nuque à la Galerie Lucas Ratton (avec une conférence le 8 septembre à 19h), Ivory Coast – Masks and Figures chez Adrian Schlag , Les Secrets du Sable chez David Serra , età la galerie Vallois Les Gardiens du Monde de Dominique Zinkpè aux côtés d’une exposition de masques Gélédé de la collection Jean-Yves Augel.









À la Galerie Meyer, à ne pas manquer une exposition intitulée Les belles choses et deux présentations-signatures de livres:
INUA – L’imaginaire arctique de Jean Malaurie le mercredi 9 septembre de 17h30 à 20h et Les Carnets de Jean Roudillon – souvenirs d’un expert – La Grande Aventure de « l’Art Nègre » le vendredi 11 septembre de 17h à 20h.



Pour en savoir plus : le site du Parcours des Mondes.
Photo 1 : Sculpture d’oiseau, Malangan, Province de Nouvelle-Irlande, Papouasie Nouvelle-Guinée, Fin du XIXe siècle, Bois, H. 56 cm © Michael Hamson
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